Innovation : Le premier vaccin européen contre la leishmaniose viscérale canine
Cette première étape, dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’IRD et Bio Véto Test et Virbac, devrait déboucher sur l’élaboration d’un vaccin humain
La leishmaniose viscérale compte parmi les plus graves infections parasitaires mortelles au monde et constitue un problème de santé publique majeur en Amérique latine, en Asie, en Afrique et dans le sud de l’Europe. En effet, on estime que 60 000 personnes décèdent des suites de cette maladie chaque année, et que 350 millions d’individus y sont exposés, dans 96 pays.
La population canine, qui constitue un réservoir de parasites potentiellement transmissibles à l’homme, est elle aussi très touchée : 25 millions de chiens (2/3 des chiens) sont exposés en zone méditerranéenne (le sud de la France n’étant pas épargné), 10 % des chiens sont infectés, 5 % développent la maladie et meurent précocement en absence ou en cas d’échec du traitement.
Les chercheurs de l’IRD, appartenant à l’UMR INTERTRYP (Cirad, IRD), se sont intéressés à la leishmaniose Canine. Les recherches menées chez un hôte réservoir naturel de parasites comme le chien ont permis d’établir un modèle d’étude immunitaire in vivo, qui a constitué la première étape de l’élaboration d’un vaccin.
Un partenariat public-privé entre l’IRD, Bio Véto Test puis Virbac a ensuite permis de mettre au point le premier vaccin antiparasitaire européen contre la leishmanioseviscérale canine, CaniLeish®, disponible au Portugal depuis fin mai 2011 et en France depuis septembre 2011.
Vers un vaccin humain
Le 6 décembre, l’IRD aprésenté les grandes étapes de la mise au point du vaccin canin et d’aborder les recherches menées actuellement pour l’élaboration d’un vaccin humain.
En effet, deux projets sont en cours à l’UMR INTERTRYP :
- Labellisé par un pôle de compétitivité, VAXILEISH a pour objectif d’identifier les principaux constituants actifs du CaniLeish®, pour mettre au point un vaccin synthétique de seconde génération, mieux défini et adapté à la vaccination humaine.
- Le second projet, RAPSODI, s’inscrit dans le cadre d’un consortium réunissant des partenaires privés (Virbac) et publics (France, Espagne, Tunisie, Inde et Pérou). La réussite de ces deux projets complémentaires devrait représenter une grande opportunité pour accélérer le développement d’un vaccin contre les formes les plus sévères de leishmanioses humaines.
Par ailleurs, des chercheurs de l’UMR MIVEGEC (CNRS, IRD, Université Montpellier 1) conduisent des recherches multidisciplinaires pour surveiller et prévenir les leishmanioses (aspects vectoriels, résistances aux médicaments, interactions leishmanies-vecteurs, biologie des parasites).
En savoir plus : www.ird.fr/
www.virbac.fr

